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  "Hangar't" par Yves
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• A Nizon, chevaux rime
  avec tableaux

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"Ouest-France" du 23 septembre 1993

A Nizon, chevaux rime avec tableaux

Dimanche c'est la journée nationale du cheval. Le petit bourg de Nizon (Finistère), à un jet de couleur de Pont-Aven, va tremper son pinceau dans le crottin. A la sortie de la messe, une quinzaine de chevaux vont venir s'extasier devant leurs portraits accrochés sur les maisons du bourg.


Le triptyque du Guilly, 1993. Acrylique sur contre-plaqué d'après une photo d'Yves Quentel. Les quatre chevaux de Jos Mestric qui ont pu revenir à Nizon, rachetés par les comités de Kergornet et de Saint-André, se sont fait une seconde jeunesse...

Les peintres du Hangar't sont une quinzaine, agriculteurs, retraitée, menuisier, journaliste, charcutier, écoliers, tous avant-gardistes, passionnés par le pop-art et la teinte pétante.

L'an dernier, ils avaient accroché dans une vieille usine désaffectée de Pont-Aven. Cette fois, c'est l'ancienne salle de bal qui leur sert d'atelier. L'art nizonnais aime brosser le quotidien. Mais pas dans le sens du poil : transposition sans nuances et à grands traits de couleurs. Foin de l'exotisme, cette année, ce sont leurs propres chevaux qu'ils ont peints. “ Caline ”, “ Immense ”, “ Bichette ”, “ Urbaine ”.

Histoire tendre. Et bien nizonnaise. Comme l'aurait aimée Xavier Grall, l'enfant du quartier.

Un vieux paysan saisi. Ses neuf chevaux prévus pour finir en steaks à l'abattoir. Pas question, se disent ses voisins qui sont à cheval sur la morale. Il y a des choses qui ne se font pas.

Les sous -qu'on ne trouve pourtant pas sous leurs sabots, paraît-il - sont réunis au galop pour les sauver. Et aujourd'hui, six d'entre eux sont au pré à moins d'une lieue de chez Jos, leur ancien propriétaire. Les trois autres sont quelque part en Bretagne.

Le motif a motivé nos artistes du Hangar't qui ne sont pas restés insensibles à cette histoire de cheval et d'orgueil. Plusieurs d'entre eux font d'ailleurs partie d'une association qui en a racheté quatre.

Yves Quentel et ses amis peintres-paysans ont tiré le portrait de ces bourrins, mais aussi d'une vingtaine d'autres. Peintures qui seront accrochées dans les rues de Nizon, dimanche pour la fête patronale. Les chevaux de Jos, bien vivants, entourés d'une dizaine d'autres - puissants postiers ou fins coursiers - les encadreront.

Ça tombe pile : dimanche, c'est la Journée nationale du cheval.

 

Gildas LE BOZEC.

 

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