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Les paysans
mettent la Le "Pop Art Rural"
façon La belle aventure des Hangar't
ou la mémoire Les pinceaux pas sots A Nizon, chevaux rime Nizon plonge dans
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Hangar't ou la mémoire de Nizon en couleur Au pays de Xavier Grall, dans le petit bourg rural de Nizon quelque peu oublié aux côtés de Pont-Aven, les habitants vivent une aventure conviviale en peinture grâce au Hangar't. Sur leurs tableaux : leur mère, leur grand-père ou leurs amis. D'Andy Warhol à Nizon, il y a l'immensité de l'Atlantique... et le Hangar't. Bouchère, agriculteur, menuisier, crêpière ou retraités : une quinzaine d'habitants de Nizon, petite commune rurale de 300 âmes rattachée à Pont-Aven, ont pris un jour le pinceau pour réécrire leur mémoire. L'aventure a commencé en 1992. Dans le cadre d'un concours d'art contemporain pour promouvoir le milieu rural, Yves Quentel, dit Pop's , Nizonnais d'adoption, entreprend de réaliser un travail sur la mémoire du bourg à partir de documents anciens. Ce journaliste à Radio France Armorique, ancien assistant du photographe Michel Thersiquel, sollicite les habitants. Pour transmettre la mémoire et la faire revivre en couleurs . Une quinzaine de personnes se prêtent au jeu.
En référence à Andy Warhol qui avait imaginé la Factory (l'usine) comme lieu de création, les Nizonnais mettent en place l'association du Hangar't dans une usine désaffectée de conserves de poissons, qui fut détruite en 1993. Ils occupent désormais l'ancienne salle de bal. A la manière du Pop Art, ils utilisent la photo comme support artistique. Précédemment travaillée à la photocopieuse pour en dégager les contrastes, celle-ci devient diapositive projetée sur du contreplaqué. Ensuite, on fait du coloriage. Nous ne sommes pas des artistes , relativise Marie-Josée Le Tallec, secrétaire du Hangar't. Mais quelle patience et quel soin à en retracer tous les détails ! Une reine de Nizon, une scène de battage à l'ancienne ou de tire à la corde : tous les sujets sont extraits des collections particulières des Nizonnais. Les tableaux ont toujours un lien avec la mémoire. Dans le choix du sujet, il y a aussi du sentiment . La Maryline du Hangart est la grand-mère de Noël Daniélou, dénommé Cousin . Lui-même montre avec plaisir son portrait qui trône sur la cheminée du bar. Les couleurs pètent, éclatent, jurent, choquent. Mais c'est exprès. C'est du Pop art. Tout le monde n'aime pas. Mais le sujet déclenche les conversations . Les habitants de Nizon se sont habitués.
Les tableaux ne sont pas à vendre, ne sont pas signés, et ne sont pas non plus exposés dans un musée. Non ! Ils existent pour animer Nizon . Aussi, pour les voir, faut-il faire le tour des commerces du bourg. Dans la salle de la boucherie-charcuterie-bar-restaurant de Babette Le Noc, une dizaine de toiles cohabitent ainsi aux côtés du traditionnel buffet breton et du renard empaillé. Le Hangar't a su gagner les
faveurs de la presse audiovisuelle, dont l'émission télévisée Faut pas rêver
. Une surprise pour les Nizonais, qui apprécient toutefois les retombées positives
de ce succès. Une nouvelle clientèle vient nous voir. Les affaires sont
relancées ,
Laurence GUILMO.
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