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Les paysans
mettent la Le "Pop Art Rural"
façon La
belle aventure des Hangar't ou la mémoire Les pinceaux pas sots A Nizon, chevaux rime Nizon plonge dans
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La belle aventure des
peintres de Nizon : Yves Quentel, alias Pop's, refuse le titre d'artiste comme celui d'homme de lettres. Témoin, oui. A sa manière, celle du journaliste qu'il est. Initiateur du Hangar't , il est aussi l'auteur du livre racontant la genèse de ce mouvement artistique nizonnais, à base d'insolence et de tendresse, baignant largement dans une esthétique faisant de lui un Andy Warhol mode Breizh .
Il n'est pas véritablement taillé en Hercule. Mais son regard rigolard peut se durcir dans les jours de colère. Yves Quentel n'est pas réputé pour ça, mais on devine qu'il ne doit pas faire bon quand l'acier de ses yeux se noircit, que sa bouche se crispe, au milieu de son visage aimablement encadré de poil grisonnant. Un personnage, Pop's. Une figure bien connue dans les rédactions d' "Ouest France , où il a naguère sévi. Il avait débuté comme assistant du grand photographe Michel Thersiquel, à Pont-Aven, entre 1969 et 1972, avant de devenir reporter-photographe d'agence. De ses années avec Thersi , il a gardé le goût de l'image sans concession, vraie, belle. Une façon de regarder la vie qu'il avait racontée dans un ouvrage désormais de référence, intitulé Nos années de Breizh . Avec la complicité du dessinateur Nono et celle du journaliste, romancier et scénariste Daniel Yonnet, Pop's s'est fait là le chroniqueur de la Bretagne des années 70. Ces années qui ont vu l'arrivée sur de grandes scènes de certains Stivell, Dan Ar Braz, Gilles Servat, entre autres poètes et musiciens soudain propulsés sous des spots nationaux, dans l'ombre immense de Glenmor et de Xavier Grall. Des Années de Breizh où Yves Quentel a aussi fixé sur sa pellicule le profil tranchant d'un grand brun chevelu nommé Louis Le Pensec, aux côtés de Mitterrand et de Rocard. Plus loin, de superbes et cruelles photos de cailloux trégorrois souillés. Amoco Cadiz , Tanio ... Plus loin encore, un Bernard Hinault conquérant et narquois. Et puis, en leitmotiv, des visages moins connus. Mais éternels. Souriants ou sévères. Toujours dignes, jusques et surtout face à l'adversité. Des Bretons, quoi. Ces mêmes gens de caractère, Pop's les a retrouvés quand il a posé son sac en 1992, à Nizon, commune natale de sa compagne Martine. Ni Bigoudens, ni Léonards, ni Trégorrois, ceux-là sont Nizonnais. D'un aimable coin de Cornouaille dont les chemins ont jadis connu le martèlement des sabots de Paul Gauguin, retournant vers Pont-Aven avec sous le bras quelques-unes de ses toiles comptant désormais parmi les plus célèbres. Pont-Aven, la capitale nombriliste et mercantile qui a raflé et bradé sans vergogne l'héritage de Gauguin, en se reconvertissant furieusement à l'art de consommation courante , comme l'écrit Paul Burel dans sa préface à Hangar't . Un bouquin richement illustré où Pop's raconte sa rencontre avec ces artisans, commerçants ou agriculteurs. Des gens simples qui lui répondent : Nous, faire les artistes, faire les peintres, tu rigoles ! , quand l'auteur cherche à les rassembler sous la bannière du Hangar't . Ce sont quelques-unes des réactions quYves Quentel a notées, alors qu'il leur proposait de faire de leurs souvenirs à base de vieilles photos, de véritables oeuvres d'art. Des peintures d'après photo, douce folie ! Et puis d'abord, pour faire quoi ?
Pop's a son idée. Il est
de ceux qui avaient 20 ans en 68. De ceux qui ont baigné dans une culture dont
l'Américain Andy Warhol était le grand-prêtre : le pop'art. En aplats crus, à la
limite du fluo, les portraits de Marilyn, de Lénine, de James Dean, de Mao Tsé Toung, de
Mick Jagger, d'Elvis... Toute une époque. Mais ça à Nizon, vous plaisantez. Le
Hangar't de Pop's ne sera jamais la Factory de Warhol. Ce n'est
d'ailleurs pas son but. Simplement, il veut faire vivre son bout de Bretagne avec un art
qui Toute une histoire justement sous-titrée La belle aventure des peintres de Nizon . Histoire d'une aventure qui continue, vécue par des artistes aux mains bien épaisses et bien rudes. Des durs à la tâche au cur de poète. Comme tous les Bretons.
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