R e v u e  d e  p r e s s e

• Les paysans mettent la
  main sur Andy Warhol

• Le "Pop Art Rural" façon
  Nizon !

• La belle aventure des
  peintres de Nizon :
  "Hangar't" par Yves
  Quentel

• Hangar't ou la mémoire
  de Nizon en couleur

• Les pinceaux pas sots
  de Nizon

• A Nizon, chevaux rime
  avec tableaux

• Nizon plonge dans
  le pot de peinture

     

"Ouest-France" du 14 décembre 1999

Le “ Pop Art Rural ” façon Nizon !

Quelle bonne idée a eue le Crédit mutuel de Bretagne d'organiser dans sa superbe galerie, au Relecq-Kerhuon, l'exposition “ Hangar't ” ! Tout un village photographié et mis en peinture, Nizon, aux portes de la cité des peintres, Pont-Aven.


Les mamies et les papies du Hangar't à l'ouvrage sur la fresque de l'école publique.

Le groupe du “ Hangar't ” a été créé en 1992 à Nizon par des agriculteurs et des ruraux lancés dans une aventure humaine sans précédent, à l'initiative d'Yves Quentel, dit “ Pop's ”, aujourd’hui journaliste à Radio Armorique après avoir longtemps exercé à Radio Bretagne-Ouest. Ils sont aujourd'hui une bonne quarantaine à manier le pinceau sans pour autant “ se prendre pour des artistes ”. Du reste, l'un d'eux a déclaré un jour : “ Si j'ai bien compris, il ne faut pas être artiste pour faire de l'art, mais il faut être paysan pour faire du cochon ! ” Et pourtant, pour faire de l'art, ils sont vraiment des artistes, inspirés par Andy Warhol. L'idée de départ est simple : on photographie les gens d'aujourd'hui avant de les mettre en peinture. Et le jour du pardon local, chaque dernier dimanche de septembre, les dernières oeuvres réalisées sont exposées en plein bourg. Alors, sur les murs du CMB, on voit vivre, même s’ils posent, le couple Le Bras, Anna et ses deux enfants, les écolières de Saint-Jo, le vieil oncle à la pipe, les trois boulangers du bourg, un tire à la corde, des ramasseurs de patates, deux gars à moto et un centenaire à vélo...Le travail des Nizonnais est admirable. Ils étaient d'ailleurs présents, à la fois timides et fiers, le jour de l'inauguration. Il y a les personnages connus des habitants du bourg - ainsi que les animaux, vaches ou chevaux... et la moissonneuse-batteuse - mais fixés pour l'éternité à travers des couleurs contrastées, vives, irréelles : des roses, des verts, des bleus ou des jaunes flamboyants. On voit même un Xavier Grall coloré dans son domaine de Botsulan.


"Dernière nuit au clair de lune", 1993. Acrylique sur contre-plaqué. Les chevaux de Jos Mestric, parqués dans un champ de Rédéné (29), la veille de la vente aux enchères.

Il y a une réelle émotion qui se dégage de telles images, on est secoué. Comme l'écrit notre collègue Paul Burel : " Avec ces bougres d'iconoclastes du Hangar't, la mémoire photographique revisitée par la peinture n'est pas une simple bouffée mélancolique du passé. C'est une jubilation ludique, créative et collective [...] Chaque tableau du Hangar't est un pied de nez à la mort, un hymne coloré à la vie. Mieux : une ouverture sur l'imaginaire. "

” Nous sommes bien d'accord. Alors, allez voir ces chevaux bleus à la crinière rose, les vaches bleues de Saint-André ou les roses de Kercaudan, Isidore et son tracteur rouge, Raymond à l'accordéon ou ceux de la classe 44, Jean Noblet, le fantassin ou François Coadic, le tirailleur sénégalais... Il n'y a que du plaisir ! “ Que des rêves et des utopies ” pour citer encore Paul Burel.

 

Pierre GILLES.

 

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