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mettent la Le
"Pop Art Rural" façon La belle aventure des Hangar't ou la mémoire Les pinceaux pas sots A Nizon, chevaux rime Nizon plonge dans
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Le Pop Art Rural façon Nizon ! Quelle bonne idée a eue le Crédit mutuel de Bretagne d'organiser dans sa superbe galerie, au Relecq-Kerhuon, l'exposition Hangar't ! Tout un village photographié et mis en peinture, Nizon, aux portes de la cité des peintres, Pont-Aven.
Le groupe du Hangar't a été créé en 1992 à Nizon par des agriculteurs et des ruraux lancés dans une aventure humaine sans précédent, à l'initiative d'Yves Quentel, dit Pop's , aujourdhui journaliste à Radio Armorique après avoir longtemps exercé à Radio Bretagne-Ouest. Ils sont aujourd'hui une bonne quarantaine à manier le pinceau sans pour autant se prendre pour des artistes . Du reste, l'un d'eux a déclaré un jour : Si j'ai bien compris, il ne faut pas être artiste pour faire de l'art, mais il faut être paysan pour faire du cochon ! Et pourtant, pour faire de l'art, ils sont vraiment des artistes, inspirés par Andy Warhol. L'idée de départ est simple : on photographie les gens d'aujourd'hui avant de les mettre en peinture. Et le jour du pardon local, chaque dernier dimanche de septembre, les dernières oeuvres réalisées sont exposées en plein bourg. Alors, sur les murs du CMB, on voit vivre, même sils posent, le couple Le Bras, Anna et ses deux enfants, les écolières de Saint-Jo, le vieil oncle à la pipe, les trois boulangers du bourg, un tire à la corde, des ramasseurs de patates, deux gars à moto et un centenaire à vélo...Le travail des Nizonnais est admirable. Ils étaient d'ailleurs présents, à la fois timides et fiers, le jour de l'inauguration. Il y a les personnages connus des habitants du bourg - ainsi que les animaux, vaches ou chevaux... et la moissonneuse-batteuse - mais fixés pour l'éternité à travers des couleurs contrastées, vives, irréelles : des roses, des verts, des bleus ou des jaunes flamboyants. On voit même un Xavier Grall coloré dans son domaine de Botsulan.
Il y a une réelle émotion qui se dégage de telles images, on est secoué. Comme l'écrit notre collègue Paul Burel : " Avec ces bougres d'iconoclastes du Hangar't, la mémoire photographique revisitée par la peinture n'est pas une simple bouffée mélancolique du passé. C'est une jubilation ludique, créative et collective [...] Chaque tableau du Hangar't est un pied de nez à la mort, un hymne coloré à la vie. Mieux : une ouverture sur l'imaginaire. " Nous sommes bien d'accord. Alors, allez voir ces chevaux bleus à la crinière rose, les vaches bleues de Saint-André ou les roses de Kercaudan, Isidore et son tracteur rouge, Raymond à l'accordéon ou ceux de la classe 44, Jean Noblet, le fantassin ou François Coadic, le tirailleur sénégalais... Il n'y a que du plaisir ! Que des rêves et des utopies pour citer encore Paul Burel.
Pierre GILLES.
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